Le cadre éthique de mes pratiques spirituelles

Pourquoi il est essentiel pour moi, et comment je le conçois

Dans les pratiques spirituelles, on parle souvent de dons, de perceptions, de mondes invisibles, de capacités plus ou moins extraordinaires.
On parle un peu moins de cadre.

Et pourtant, avec le temps et l’expérience, c’est devenu pour moi l’un des piliers les plus importants de mon travail.

Pas comme une règle figée, ni comme une morale à imposer.
Mais comme une manière de rester juste, alignée, et profondément respectueuse — autant envers les personnes que j’accompagne qu’envers moi-même.

L’éthique comme point d’ancrage

Travailler avec le subtil, la médiumnité, les états modifiés de conscience ou les symboles touche souvent des zones sensibles chez les personnes.
On ne vient pas consulter par hasard. Il y a presque toujours un moment de bascule, de questionnement, de fragilité ou de transition.

Avec le temps, j’ai compris que l’éthique n’était pas un “plus”, mais une condition de sécurité.
Elle évite les glissements, les confusions, les projections excessives — parfois même les dépendances, qui peuvent s’installer sans qu’on s’en rende compte.

Une chose importante pour moi : le pouvoir ne m’appartient pas

Je ne me vis pas comme quelqu’un qui sait à la place des autres.
Ni comme une figure d’autorité sur leur vie.

Ce que je perçois, ce que je ressens ou ce qui passe à travers moi n’a de valeur que s’il vient soutenir l’autonomie de la personne, pas la remplacer.

Je suis très attentive aux phénomènes de transfert, d’idéalisation ou de projection, qui sont fréquents dans les pratiques spirituelles. Les ignorer serait, à mon sens, manquer de lucidité.

Mon rôle est plutôt de créer un espace dans lequel la personne peut :

  • entendre ce qui résonne pour elle

  • retrouver sa propre clarté

  • reprendre contact avec sa responsabilité intérieure

Les limites que j’ai choisies

Au fil des années, j’ai posé certaines limites. Non pas par peur, mais par cohérence.

Par exemple, je choisis de ne pas :

  • faire de prédictions figées ou fatalistes

  • aborder des sujets comme la mort, les maladies graves ou les diagnostics

  • entretenir la peur ou l’angoisse comme moteur

  • promettre une transformation ou un résultat

  • intervenir sans demande claire et consciente

Il m’arrive de dire je ne sais pas.
Et je le vis aujourd’hui comme quelque chose de sain.

Le libre arbitre comme boussole

Le libre arbitre est un mot souvent utilisé, mais pas toujours respecté.

Pour moi, le respecter signifie parfois :

  • laisser une zone d’inconnu

  • ne pas répondre à toutes les questions

  • accepter que certaines expériences fassent partie d’un chemin

  • ne pas chercher à “réparer” à tout prix

Tout n’a pas besoin d’être évité, expliqué ou transformé immédiatement.

Accompagner, pas porter

Je n’accompagne pas pour sauver, réparer ou prendre en charge la vie des autres.

J’accompagne pour soutenir un processus, tenir un espace, éclairer certains points quand c’est juste.
Le chemin, le rythme et les décisions restent ceux de la personne.

C’est une posture parfois inconfortable — mais profondément respectueuse.

Un cadre qui me protège aussi

Ce cadre n’est pas seulement là pour les autres.
Il me protège moi aussi.

Sans limites claires, les praticiens peuvent facilement s’épuiser, se confondre avec leur rôle, ou porter ce qui ne leur appartient pas.

L’éthique est aussi une forme d’hygiène :

  • émotionnelle

  • énergétique

  • psychique

Elle permet de durer sans se perdre.

Pour conclure

Ce cadre n’a pas vocation à être universel.
Il est simplement le mien.

Il est né de mon expérience, de mes erreurs parfois, de mes ajustements, et de mon désir de travailler de manière juste et consciente.

S’il résonne avec vous, alors nous pourrons peut-être avancer ensemble.
Sinon, c’est parfaitement ok aussi.

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